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La montée des eaux du lac Tanganyika handicape le travail de paix à Kavimvira

L’organisation « Femmes Artisanes de la Paix (FAP) » fait face à de nouveaux défis suite à la montée des eaux du lac Tanganyika et au débordement du marais de Nyangara. Ce phénomène naturel a bouleversé la vie des habitants de Kavimvira, créant des tensions et des conflits qui compromettent les efforts de paix de FAP dans la ville d’Uvira.

La montée des eaux a forcé de nombreuses familles à abandonner leurs maisons. Masumbe Njale, membre du Comité Local de Paix (CLP) de Kavimvi ra décrit une situation où les conflits domestiques se multiplient en raison de la surpopulation et du partage des ressources limitées.

Depuis la montée des eaux du lac et le débordement du marais Nyangara, les gens ont abandonné leurs maisons pour se réfugier, certains dans des sites et d’autres chez les voisins. Dans ces familles, les conflits s’accumulent du jour au lendemain, explique-t-il.

Les tensions surgissent principalement autour de l’utilisation des toilettes et des espaces communs, exacerbées par un manque d’intimité et des différences culturelles ou sociales. Les enfants, par leurs jeux et disputes, créent des frictions entre les adultes, aggravant les ressentiments et les malentendus.

Des initiatives locales pour l’aide et la sécurité

Le secrétaire du quartier Kavimvira Justin Mwamba Shamba souligne les efforts communautaires pour aider les familles délocalisées malgré des ressources limitées.

La population est en débandade. Certains sont dans des sites dont les parcelles appartiennent à des particuliers de bon cœur. Le quartier n’a pas de budget et nous attendons toujours l’intervention de la Mairie, affirme-t-il.

Quant à la police locale, elle joue un rôle crucial dans la protection des maisons abandonnées et des biens des sinistrés.

À notre niveau, nous avons intensifié les patrouilles régulières pour dissuader les cambriolages et les actes de vandalisme, déclare l’OPJ Christophe Kalenga. La collaboration avec des jeunes vigiles et d’autres initiatives de surveillance de voisinage est mise en avant, pour assurer la sécurité.

La résilience des familles d’accueil, en attendant les secours

Marceline Tabia, une déplacée, témoigne de la dure réalité vécue par les familles affectées.

Nous vivons une situation extrêmement difficile depuis que nous avons perdu nos maisons. La cohabitation forcée avec d’autres familles dans un espace restreint a engendré de nombreux problèmes, explique-t-elle.

Le partage des ressources limitées et le stress permanent exacerbe les tensions. Les sinistrés font face à un besoin criant de soutien matériel et psychologique.

De leur côté, les familles ayant accueilli des sinistrées essaient de mettre en place des mesures de résilience. Ainsi, une habitante de Kavimvira qui a accueilli des familles sinistrées expérimente la gestion des conflits, pour maintenir l’harmonie.

Je m’efforce de faciliter une communication ouverte et respectueuse entre toutes les fa milles accueillies. Je mets en place des règles claires concernant l’utilisation des espaces communs et la répartition des tâches domestiques, afin d’éviter tout malentendu. En cas de conflit, je fais directement appel au CLP pour écouter les préoccupations de chacun et trouver des solutions équitables, confie-t-elle.

Les défis posés par la montée des eaux du lac Tanganyika illustrent la nécessité d’une intervention rapide et efficace pour soutenir les efforts de paix de FAP à Kavimvira. Les initiatives locales, bien que courageuses, requièrent un appui renforcé des autorités et des organisations humanitaires pour assurer la sécurité, la santé et le bien être des sinistrés.

L’organisation Femmes Artisanes de la Paix continue de plaider pour des actions concrètes afin de stabiliser la situation et promouvoir une coexistence pacifique. En somme, la communauté de Kavimvira, unie face à l’adversité, aura démontré que même durant les moments les plus difficiles, la paix et la solidarité peuvent prévaloir.

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