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Les sinistrés veulent des actions concrètes pour une paix durable

L’organisation « Femmes Artisanes de la Paix (FAP) » a célébré le 22 septembre 2023 la Journée Internationale de la Paix, édition 2023, dans le territoire d'Uvira, en partenariat avec EIRENE Grands Lacs. Cette journée, marquée surtout par des chants, des danses et des discours, a été l'occasion de dénoncer les obstacles à la paix et de plaider auprès des autorités et des organisations humanitaires pour des actions concrètes en faveur d’une paix durable.

Les communautés représentées à la célébration de la Journée Internationale de la Paix ont saisi l’occasion pour présenter au public les problèmes auxquels ils font face et proposer des solutions.

FAP devrait accélérer son plaidoyer pour le retour effectif de la paix dans les Moyens et Hauts Plateaux d’Uvira. Cela nous permettrait de rentrer dans nos villages respectifs. Certains de nos enfants étant déjà inscrits à l’école, nous pouvons les laisser terminer l’année scolaire. Mais nous les parents, nous pouvons rentrer. Il nous faut également trouver un moyen d’encadrer nos femmes sur la création des activités génératrices de revenus pour nous permettre de survivre, en attendant de retourner dans nos villages., a réclamé le chargé d’administration des sites de déplacés internes, James Swedi.

Pour le représentant des réfugiés burundais à Uvira, la paix durable est leur souci numéro un. Et cette paix ne peut s’obtenir sans l’encadrement des enfants et le respect mutuel entre réfugiés et résidents.

Nos enfants sillonnent les rues d’Uvira, par manque d’encadrement. Et puis, au-delà de la célébration de la Journée Internationale de la Paix, il faut organiser des ateliers de conciliation entre les réfugiés burundais et les résidents congolais sur le respect mutuel et la considération de l’autre. Les réfugiés burundais sont accusés à tort d’être des voleurs, des meurtriers, etc., explique-t-il.

Des victimes des intempéries oubliées

Les sinistrés des inondations ont, pour leur part lancé un cri d’alarme :

La Mairie est venue nous distribuer de la nourriture, une seule fois. Et presque cinq ans après, nous n’avons bénéficié d’aucun autre appui d’une organisation locale ni internationale. Même la Mairie nous a oubliés. Nous réclamons aussi qu’on nous déménage vers un autre endroit approprié. Pour le reste, nous allons nous débrouiller. Ici quand il pleut c’est l’enfer. Nous passons la nuit debout car les tentes sont en très mauvais état, regrette Akilimali Murungwa, représentant des sinistrés.

Ces sinistrés sont confrontés à des défis majeurs notamment la perte des biens, la destruction des maisons et la séparation des familles. Quant aux déplacés internes, ils sont font face à la pauvreté, l’exclusion sociale et la violence. Les réfugiés burundais, eux ont quitté leur pays suite aux conflits civils, la persécution ou d'autres violations des droits humains.

J'ai fui mon village à cause des conflits. Je suis arrivé à Uvira avec ma femme et nos huit enfants après un long voyage à pieds. La Journée Internationale de la Paix a été pour moi une occasion de me sentir à nouveau vivant. J'ai rencontré d'autres hommes, femmes et enfants ayant vécu le même calvaire que nous. Nous avons échangé sur nos expériences respectives et trouvé un soutien mutuel. Que pareilles occasions se multiplient ! , indique Claude Ruakira Maseruka, président des déplacés internes en Ville et Territoire d’Uvira.

Pour une meilleure prise en charge des sinistrés

Les délégués de la société civile ont souligné le rôle de cette dernière dans la prise en charge des sinistrés, déplacés internes et réfugiés burundais dans le territoire d’Uvira

A notre niveau, nous faisons la sensibilisation sur la prévention des maladies hydriques. Nous menons également un plaidoyer auprès des autorités et organisations internationales pour la prise en charge, explique Yves Ramadhani, vice-président de la société civile. Il regrette que les autorités locales ne fassent rien en faveur des victimes des inondations malgré leur plaidoyer. Mais, il reconnait que le CICR est déjà intervenu en construisant des maisons pour certains d’entre eux. Pour les réfugiés et les déplacés internes, à la suite de notre plaidoyer, des organisations leur viennent en aide, entre autres AIDES, INTERSOS, AVSI, CNR et HCR. Nous déplorons tout de même que le centre de transit garde les réfugiés pendant beaucoup de temps. Et les enfants réfugiés quittent le centre pour mendier dans les rues, insiste-t-il, appelant à une solution urgente.

Le délégué du Conseil National des Réfugiés (CNR, structure de l’Etat chargée des réfugiés) a indiqué que ce conseil offre une protection administrative et judiciaire.

C’est-à-dire l’acquisition des certificats de naissance pour les enfants réfugiés nés en exil, les cartes de réfugiés et autres documents administratifs, En cas de nécessité, le CNR saisit également la justice pour faire respecter les droits des réfugiés. En plus, nous leur apportons une assistance en vivres et en non vivres dans les centres de transit et camps. Et pour y arriver, nous collaborons avec des ONG internationales comme AIDES (médicaments, restauration et hébergement), ADES (eau, assainissement et hygiène) et le HCR, a-t-il conclu.

Les femmes, les hommes, les jeunes, les sinistrés, les personnes déplacées internes et réfugiés sont des acteurs importants de la paix. La célébration de la Journée Internationale de la Paix dans le Territoire d'Uvira a eu le mérite de le démontrer. Ils ont besoin de soutiens multiples pour consolider cette paix. Ces catégories de personnes sont souvent oubliées par le reste de la communauté. Mais, elles auront montré à la face du monde que la paix est possible et qu’elle se fête, même dans des situations difficiles.

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